Témoignages

Un miracle dû à la prière du le Père Marie-Eugène, par le P. Menvielle

Il est «resté Carme jusqu’au bout»

 

4 MARS 2016

 

Fondateur, de l’Institut Notre-Dame de Vie, « le Père Marie-Eugène est resté Carme jusqu’au bout », explique le P. Louis Menvielle, de cet institut, qui présente le fondateur aux lecteurs de Zenit au moment où Rome vient de reconnaître le miracle qui permettra sa béatification : la guérison d’un petit bébé.

 

Le pape François a en effet autorisé la Congrégation pour les causes des saints à publier un décret authentifiant un miracle comme dû à l’intercession du Père carme français Marie-Eugène de l’Enfant Jésus, né Henri Grialou (1894-1967).

 

Les 12 décrets approuvés par le pape François jeudi 3 mars, sont publiés ce 4 mars par le Saint-Siège, en pleine célébration des « 24 heures pour le Seigneur », au cœur du Jubilé de la miséricorde, ce qui n’est pas sans rapport avec le message du futur bienheureux car le P. Marie-Eugène disait : « Oui, j’ai compris la miséricorde : sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus en a senti la douceur, j’en sens la puissance. »

 

Le père Menvielle raconte aussi quel a été le « miracle » retenu par la cause de béatification et il évoque le chef d’œuvre du P. Marie-Eugène : « Je veux voir Dieu ».

 

Quel est le miracle qui vient d’être reconnu ?

 

Déjà de son vivant, on disait de lui qu’il était un saint. Depuis sa mort, sa réputation de sainteté n’a cessé de grandir et de s’élargir à la dimension du monde. L’Archevêque d’Avignon a ouvert sa cause en 1985. L’enquête diocésaine s’est terminée en 1994. Le pape Benoît XVI l’a déclaré Vénérable en décembre 2011 et le pape François a autorisé hier la Congrégation pour la cause des Saints à signer le décret sur le miracle.

 

Il s’agit d’un enfant qui naît dans les années 80 avec de gros kystes. Il est opéré à 11 jours, puis de nouveau en urgence à 2 semaines. Quelques jours plus tard, le chirurgien constate un écoulement important, qui provient d’une plaie du canal thoracique. L’enfant se trouve dans un état grave de malnutrition (3kg200, à 28 jours). Les médecins sont inquiets : la vie de l’enfant est en danger. La maman note dans son journal : « il faudrait un miracle »… C’est ce miracle que la grand-tante de l’enfant va implorer dans sa prière par l’intercession du Père Marie-Eugène, le jour où elle reçoit une lettre des parents lui annonçant que la situation est sans issue. Or, c’est précisément ce jour-là que, sans explication et sans aucun signe prémonitoire d’amélioration, l’écoulement qui ne cessait pas s’arrête soudainement. La maman écrit le jour même : « le miracle a eu lieu aujourd’hui ». Le lendemain, les médecins constatent que l’enfant est vraiment guéri. Il commence à prendre du poids, « comme un avion qui décolle », selon les médecins. Trois jours après, il peut rentrer à la maison. Depuis, il est en parfaite santé.

 

Qui est le Père Marie-Eugène ?

 

C’est une grande figure du vingtième siècle, dont l’action va de la première guerre mondiale à l’immédiat après Concile. Il est né en 1894 et est mort en 1967. La première guerre le marque profondément et le révèle dans son humanité. C’est un chef qui sait voir le positif dans le cœur de l’homme, même celui du plus délinquant (il a dû commander une section de repris de justice). La guerre a été aussi l’expérience forte de la protection de Thérèse de Lisieux qu’il avait découverte à l’âge de 13 ans. Une amitié profonde les a liés et le Père Marie-Eugène est désormais compté « parmi ses disciples les plus importants au XX e siècle… et pour les temps à venir » (Mgr Guy Gaucher). Il a vu dès le départ que, sous des expressions toutes simples et parfois enfantines, elle a un message pour le monde, encore plus d’actualité en cette année de la Miséricorde : Thérèse a découvert que Dieu a de la joie à répandre sa Miséricorde. Toute sa vie a été une réponse à ce désir de Dieu ; elle s’est livrée à la Miséricorde et elle a enseigné comment le faire. Le Père Marie-Eugène a dégagé les axes spirituels qui permettent aux personnes les plus simples de marcher concrètement à la suite de Thérèse. Le petit recueil de conférences Ton amour a grandi avec moi présente bien cette spiritualité.

 

Son live « Je veux voir Dieu » est mondialement connu …

 

Ordonné prêtre en 1922, il est entré immédiatement au Carmel car il avait été saisi par la personnalité et la grâce de saint Jean de la Croix. Son contact avec sainte Thérèse d’Avila a aussi été décisif. En lisant ces trois grands Docteurs de l’Eglise, en vivant ce qu’ils enseignent, en plongeant dans la vie et le charisme du Carmel, il est devenu un contemplatif de haute volée, vrai connaisseur du mystère de Dieu. Quelques confidences de lui : « La paternité de Dieu, c’est ineffable » ; « Jésus, chaque minute qui passe me permet de t’aimer davantage » ; « Tout le monde a remarqué probablement, que quand je parle de l’Esprit Saint, ordinairement je m’enflamme assez facilement… (…) Je l’appelle ‘mon Ami’, et je crois que j’ai des raisons pour cela. Toute ma vie a été un petit peu basée là-dessus : sur la connaissance, sur la découverte de l’Esprit Saint ». La relation à Dieu conduit à se donner complètement à lui et à devenir docile sous l’action de l’Esprit Saint qui veut nous prendre tous pour construire l’Eglise avec lui. Le Père Marie-Eugène a cherché et trouvé comment unir contemplation et action dans la vie quotidienne. Il a écrit son maître ouvrage, Je veux voir Dieu, pour prendre ses lecteurs par la main et les conduire d’une manière pédagogique jusqu’à la sainteté selon la spiritualité des Maîtres du Carmel qu’il a enrichie de sa propre expérience. Je veux voir Dieu donne des clés précieuses pour la prière, pour la vie spirituelle en général, pour devenir apôtre et témoin de Dieu, pour participer à la mission comme collaborateur de l’Esprit. Ce livre, publié dans les années 50, a connu un succès notable. Il est aujourd’hui traduit en six langues. Au début de l’enquête diocésaine, le Général des Carmes a écrit que Je veux voir Dieu est une « somme de théologie spirituelle, (…) un chef-d’œuvre qui met l’auteur parmi les grands maîtres de spiritualité que Dieu a donnés à l’Église par le Carmel ».

 

Le Père Marie-Eugène, c’est d’abord un fondateur ?

 

Dès le début de sa vie religieuse, il a eu l’intuition qu’il lui fallait diffuser cet enseignement du Carmel qui correspond si bien à l’attente du monde moderne. En même temps la déchristianisation éloignait les gens des églises et des couvents. Il faut les rejoindre là où ils sont. C’est ainsi qu’est né l’Institut Notre-Dame de Vie : se plonger d’abord deux années dans une vie de prière intense pour faire l’expérience de Dieu et se laisser guider par l’Esprit, puis partir à la rencontre de nos contemporains, sur leur lieu de vie et de travail, pour témoigner que Dieu est vivant et qu’il veut le bonheur de tous, pour conduire chacun à la rencontre avec Lui et à la merveilleuse aventure de la mission sous sa lumière et sa grâce. Le fondateur a dit un jour : « des âmes qui cherchent Dieu, il y en a partout. Ah ! Comme je voudrais les rejoindre toutes et leur parler de l’Amour infini. »

 

Aujourd’hui, Notre-Dame de Vie, c’est un Institut séculier avec trois branches : féminine et masculine laïques, et sacerdotale, présentes sur quatre continents. C’est aussi un groupe assez consistant de foyers qui veulent vivre de cet esprit. Les membres vivent et travaillent de façon isolée ou bien ensemble. C’est ainsi que l’Institut dirige des écoles en divers pays et qu’il existe le Studium de Notre-Dame de Vie, près de Venasque, qui forme des prêtres d’origines diverses et donne aussi la licence canonique de théologie en lien avec la faculté romaine des Carmes, le Teresianum.

 

Fondateur, le Père Marie-Eugène est resté Carme jusqu’au bout : il a exercé de nombreuses responsabilités dans son Ordre, en particulier Vicaire Général en remplacement du Général qui était décédé. Il s’est beaucoup investi en faveur des Carmélites et a été nommé par Pie XII Visiteur Apostolique des Carmels de France en 1948. Le Pape lui a ensuite demandé de créer les Fédérations des Carmels de France.

 

Quelle est la « mission » aujourd’hui du futur bienheureux ?

 

Le Père Marie-Eugène est une personnalité extrêmement riche qui ressort assez bien de la biographie que Mgr Guy Gaucher a écrite de lui. Sa mission est celle d’un père et d’un maître. Un père d’abord, car sa vie de foi et de prière l’a fait entrer dans le cœur de Dieu où il s’est laissé transformer en bonté. Nous recevons d’innombrables témoignages de cette bonté de la part de personnes de tous pays, qui l’ont prié pour une impressionnante variété de besoins : vie spirituelle, vocation, baptême d’enfants, conversions, éducation des jeunes, problèmes de drogue ou d’alcool, problèmes de couple, naissance d’enfants, accidents, maladies, chômage et problèmes financiers, etc. etc. Combien d’enfants s’appellent Eugène ou Henri (son nom de baptême) à cause de lui. C’est un père car il est très proche des personnes, en particulier des plus petits et des plus pauvres. Je note aussi une proximité toute spéciale avec son terroir familial, l’Aveyron. Le miracle que nous avons présenté pour sa béatification est l’une parmi plusieurs guérisons étonnantes qui nous ont été communiquées.

 

Et c’est un maître. J’en ai déjà parlé. Son enseignement est pratique et universel. Il a su exprimer les réalités spirituelles de manière très simple, souvent imagée. Les témoignages que nous recevons sont unanimes : chacun peut s’y retrouver et recevoir la lumière dont il a besoin. C’est d’autant plus frappant que ces témoignages proviennent aussi bien de grands intellectuels que de personnes très simples, sans culture. En plus de Je veux voir Dieu, qui est abordable par tous, nous avons publié un certain nombre de conférences dont le style est vivant. Il est probable que l’impact qu’il exerce par son enseignement provienne en partie de sa correspondance avec celui du Concile. L’ancien Théologien de la Maison Pontificale, le cardinal Georges Cottier, l’avait noté dans la préface de la traduction italienne de Je veux voir Dieu : « Après pratiquement un demi-siècle, il n’a rien perdu de son actualité. Écrit à la veille du Concile Vatican II, il en anticipe pour ainsi dire l’enseignement. Je pense avant tout au chapitre V de la Constitution dogmatique Lumen gentium sur la vocation universelle à la sainteté dans l’Église ».

France : «la famille» ou «les familles», par le P. Metzinger

Le regard « inclusif » de l’Eglise

 

4 MARS 2016

 

« Si l’Eglise parle de « La Famille », c’est parce qu’elle porte un regard inclusif », explique le P. Denis Metzinger : en aucune façon une façon d’exclure ! Il invite les baptisés à « témoigner ».

 

Le Père Denis Metzinger, vicaire épiscopal pour la Pastorale Familiale du diocèse de Paris et responsable de l’Institut de la Famille de l’Ecole Cathédrale à Paris, réagit à un changement d’intitulé de ministère : « La Famille » ou « Les familles », là est la question.

 

Zenit – Le Président de la République Française annonce que le « Ministère de la Famille » va devenir le « Ministère des Familles » : c’est une bataille de l’orthographe ?

 

Père Denis Metzinger – C’est vrai que il y a quelques jours on s’enflammait pour une réforme de l’orthographe ressortie des cartons du Ministère de l’Education… que vos lecteurs sachent que notre pays aime bien ce genre de polémique qu’un grand académicien qualifiait « d’enfumage » tant les problèmes sont importants dans notre société. J’ai découvert cette nouvelle affaire en écoutant « en me rasant »  une radio généraliste qui donnait la parole à ses auditeurs. J’ai été très vite rassuré !

 

Vous seriez d’accord?

 

Non pas du tout, ce qui m’a rassuré c’est le bon réflexe des auditeurs citoyens qui repèrent là une manœuvre politique : cela m’a semblé très clair en entendant une ministre parler de progrès sociétal ! Le concept à la mode est lâché.

 

C’est-à-dire ?

 

Que les modes de vie en famille soient divers et multiformes ce n’est pas nouveau. Toute famille en fait plus ou moins l’expérience. Ce n’est en rien un progrès de désigner les familles au lieu de La Famille. Tout au contraire c’est fractionner notre société en enfermant  (pour justifier ?) des comportements. On cherche à désintégrer la famille et l’on s’étonne de l’émiettement du lien social ou de la récente baisse de la natalité en France . Attitude paradoxale ! Nous avons déjà connu cela au moment de la loi dite du « mariage pour tous ». Je n’ose pas imaginer que le gouvernement cherche à nouveau à diviser pour apparaître dans un an apaisant et rassembleur à l’occasion de la prochaine grande échéance électorale.

 

Pour vous, c’est une affaire politique ?

 

Cela en y ressemble bien. Voici trois semaines nous avons eu en France un changement de gouvernement… avec des originalités dans les noms des ministères ! Il s’agit donc bien aujourd’hui de chercher à plaire à des groupuscules qui peuvent être utiles.

 

Est-ce que parler de « La Famille » n’est pas « excluant » pour tant et tant de personnes ?

 

Dire cela, c’est imaginer qu’existe une famille modèle et que ceux qui ne seraient pas dans ce cadre seraient exclus, c’est un peu rapide comme constat. Le Ministère du Travail couvre aussi bien le « penseur » que l’ « ouvrier » …une même réalité  se décline différemment pour chacun.

 

L’Eglise parle toujours de « La Famille » ?

 

Oui, car comme ne cesse de le rappeler son enseignement, il s’agit d’une réalité anthropologique. Si l’Eglise parle de « La Famille », c’est parce qu’elle porte un regard inclusif, qui appelle à un dépassement de soi, qui cherche à  intégrer et non à exclure, diviser, fragmenter. La Famille se donne à voir dans nos familles.

 

Les enjeux sont si importants ?

 

Il suffit d’ouvrir les yeux et de constater les contradictions dans lesquelles nous nous débattons. Combien il y a une aspiration pour la famille unie…combien il y a un éclatement des comportements…combien le vocabulaire employé est porteur de clichés…et comme prêtre dans la préparation au mariage, je vois  combien les jeunes sont perdus n’osant pas parler en vérité de leurs aspirations pour ne pas être « ringardisés » .

 

C’est plus qu’une polémique ? Il faut se battre?

 

La première mission des chrétiens n’est pas de se battre mais de témoigner. Mettre Dieu au cœur de sa construction familiale c’est chercher la communion plutôt que la superposition d’individualités. C’est accepter de porter ses blessures et celles des autres sans chercher à justifier mais en levant les yeux vers le ciel ! L’Année Sainte de la Miséricorde dans laquelle nous sommes est bien à vivre au cœur de notre première communauté de vie qu’est la famille.  C’est en voyant la joie de la famille – avec ces difficultés quotidiennes – que l’on comprend son importance.

Témoins de la miséricorde divine

 

« Nous venons du pays de saint Jean-Paul II et de sainte Faustine Kowalska, pays d’où provient le message de la Divine miséricorde », témoignent Jadwiga Pulikowska et Jacek Pulikowski, consulteurs du Conseil pour la pastorale de la famille du diocèse polonais  de Poznan. Ils sont intervenus au synode comme auditeurs.

 

« Nous sommes convaincus que notre travail en collaboration pour les familles, la prière quotidienne ensemble et la participation fréquente à l’Eucharistie a sauvé notre mariage de toutes sortes de crises », témoignent-ils.

 

Ils expriment leur vœu : « Nous aimerions que l’Église s’occupent encore plus des mariages en crise. »

 

Voici notre traduction complète de leur intervention prononcée et publiée par le Vatican en anglais.

 

Témoignage

 

Sainteté, Pères du synode, frères et sœurs,

 

Nous venons du pays de saint Jean-Paul II et de sainte Faustine Kowalska, pays d’où provient le message de la Divine miséricorde.

 

Nous sommes une famille heureuse bénie par Dieu de nombreux dons. Le Seigneur nous a donné beaucoup de temps pour servir d’autres familles. Nous avons attendu notre premier enfant pendant presque douze ans. Et maintenant, nous avons trois enfants. Cette longue période d’attente nous a enseigné que chaque enfant est un réel don de Dieu. Après la naissance de notre première fille, j’ai arrêté mon travail académique et pendant plus de dix ans, je suis restée à la maison avec nos enfants comme mère à plein temps. Cela a été un temps très beau. Maintenant que nos enfants ont grandi et quitté notre foyer, nous avons davantage de temps pour fortifier les liens de notre mariage ainsi que pour aider d’autres couples mariés.

 

Nous sommes convaincus que notre travail en collaboration pour les familles, la prière quotidienne ensemble et la participation fréquente à l’Eucharistie a sauvé notre mariage de toutes sortes de crises. Nous sentons que nous représentons les familles normales, qui croient en Dieu et font partie de l’Église catholique. La responsabilité de familles comme la nôtre est de défendre ceux qui souffrent et meurent au nom du Christ et de nous opposer à ces idéologies qui tentent de détruire nos mariages, nos familles et nos enfants.

 

C’est pourquoi nous aimerions que le synode des évêques apprécie et encourage les personnes et les valeurs suivantes :

 

Les époux fidèles l’un à l’autre et à Dieu ; les familles nombreuses ; les maris responsables ; les mères qui aiment leurs enfants ; les couples mariés qui ne peuvent pas avoir d’enfants mais qui refusent les méthodes de conception non éthiques ; ceux qui sont abandonnés par leur époux ou épouse mais qui restent fidèles aux vœux sacramentels du mariage et vivent seul ; les jeunes qui se préparent au mariage et vivent dans la chasteté ; toux ceux qui n’ont pas fondé de famille mais qui vivent seuls en étant fidèles à l’enseignement de l’Église.

 

Nous aimerions que l’Église s’occupent encore plus des mariages en crise. Nous aimerions aussi que notre Église bien-aimée se penche sur les pécheurs avec amour en leur disant, exactement comme Jésus : « Va et désormais ne pêche plus » (Jn 8,11). Nous croyons fermement que le seul véritable moyen d’aider les pécheurs est de les aider à se convertir à Dieu et à ne plus pécher. Le retour à une vie de chasteté et au lien sacramentel avec Dieu les aidera à retrouver le bonheur total dans cette vie et au ciel. Amen.

« L’amour, c'est aussi une décision : "Je veux aimer" », expliquent Luis et Maria Angelica Haydn Rojas Martinez.

 

Ce couple du Mouvement des Focolari, engagé dans la pastorale familiale en Colombie, sont auditeurs laïcs au synode, et ils témoignent au micro de Radio Vatican en italien. Ils évoquent notamment l’inclusion des personnes divorcées et remariées dans la vie de l’Église.

 

Luis – Nous accompagnons beaucoup de familles, à travers des rencontres de formation et, quand il y a une difficulté, nous faisons un travail de médiation familiale, après avoir étudié et nous être spécialisés dans ce domaine.

 

Maria-Angelica – Nous avançons ensemble, en nous aidant mutuellement, pour comprendre que l’amour peut vraiment se renouveler tous les jours.

 

C’est donc une formation pendant la vie de mariage mais aussi avant le mariage ?

 

M.-A. – Oui, aussi avant le mariage, parce que nous nous rendons compte que quand nous grandissons en tant que communauté, nous pouvons vraiment avancer dans toutes les étapes de la vie.

 

L. – Dans notre Mouvement des Focolari, nous commençons à former les jeunes très tôt, pour qu’ils comprennent et apprennent comment doit être une famille.

 

Mais des concepts comme ceux de l’amour « pour toujours » que propose l’Église, et donc l’indissolubilité du mariage, sont vraiment des choses difficiles à transmettre aux couples, aux familles…

 

M.-A. – C’est un concept qui doit faire son chemin parce que l’indissolubilité n’est pas un poids : c’est vraiment un amour qui se transforme jour après jour, qui est créatif, qui assume la responsabilité des difficultés, de la maladie, du fait de se retrouver sans travail, ou d’affronter une crise entre époux. Et ainsi, l’amour se renouvelle. L’amour n’est pas seulement un sentiment, l’amour est aussi une décision : « Je veux aimer ». Il est sûr que ce n’est pas toujours facile : je dois donner ma vie. Alors, aimer au quotidien peut vouloir dire : demander pardon, regarder ensemble la partie de foot, accompagner un enfant qui est malade.

 

Pourquoi est-il si difficile aujourd’hui de penser dans la perspective de « pour toujours » ?

 

L. – La culture d’aujourd’hui fait penser que les nouvelles générations ne veulent pas assumer la responsabilité à long terme ; devant les difficultés aussi, on ne parle plus de sacrifice pour l’autre parce que c’est trop difficile et on croit que le mariage n’est pas possible. En fait, c’est une mentalité, une culture, la nôtre, qui nous parle beaucoup du bien-être, de ne pas assumer de responsabilité. C’est pour cela que nous voulons dire par notre témoignage : la proposition de l’Évangile de Jésus, même aujourd’hui après deux mille ans, continue d’être vivante et possible !

 

Et-il possible d’inclure dans la vie de l’Église des personnes divorcées et remariées, abstraction faite de l’accès aux sacrements ?

 

M.-A. – Bien sûr, il faut qu’elles se sentent insérées dans l’Église parce que cette communion avec Jésus, non seulement on la reçoit sacramentellement, mais on peut aussi la recevoir à travers l’autre. Jésus a dit : « Ce que vous avez fait à l’autre, c’est à moi que vous l’avez fait. » Cela veut dire que dans l’autre, il y a Jésus, et que l’Église accueille tout le monde. Alors, elle accueille aussi les familles en difficulté, c’est sûr, parce que nous sommes tous fils et filles de l’Église. Et ces familles se sentent vraiment insérées dans l’Église et peuvent vivre l’Évangile, elles peuvent vivre la Parole, elles peuvent aimer, elles peuvent être généreuses en se consacrant aux services de charité. Si nous nous aimons, nous proclamons Jésus, et nous sommes alors insérés dans l’Église. Les divorcés remariés aussi peuvent avoir cette communion avec Jésus dans l’autre.

 

Est-ce difficile de leur expliquer le fait de ne pas recevoir la communion ?

 

M.-A. – Non. S’ils sentent l’amour et ne sentent pas cette différence par rapport à une famille, entre guillemets « normale », qui ne les juge pas : ils sont insérés, parce qu’eux aussi peuvent vivre l’amour.

 

Indépendamment de l’accès au sacrement ?

 

M.-A. – Bien sûr, chacun se sanctifie par sa propre croix. Certes, c’est une souffrance de ne pas accéder au sacrement, à Jésus Eucharistie. Mais cela ne signifie pas qu’ils sont hors de l’Église, ils sont aussi insérés dans cet amour.

 

L. – Et aussi parce que ce n’est pas l’unique lieu de la présence de Jésus : Jésus est présent dans sa Parole, pas seulement dans l’Eucharistie.

 

Que représente pour vous de participer à cette expérience de l’Église universelle ?

 

M.-A. – C’est merveilleux, vraiment, nous remercions Dieu. Nous sentons que l’Église avance. Cette profonde écoute de tous les Pères synodaux, de chacune des familles, des témoignages, manifeste que l’Esprit Saint guide. Et ce cheminement que nous confie le pape, de la miséricorde dans la vérité, c’est vraiment merveilleux !

Mois d'AVRIL :

PASSION DU CHRIST

Stella Maris
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